Je suis vraiment enchantée de ma visite à l’INEPE ! Et encore plus admirative du travail qui y est accompli !

C’était compliqué d’organiser cette visite car j’étais en voyage organisé. Mais l’agence de voyage a pu mettre à ma disposition un chauffeur de taxi/interprète de 8h30 à 13h00. Pendant le trajet aller, Andres, 36 ans, me dit avoir eu la chance d’avoir été scolarisé au lycée français de Quito (sa mère y enseignait). Il m’explique qu’il a un projet encore flou de jardin partagé avec boutique multi activités, car il voudrait aider au développement ceux qui l’entourent. A mon tour, je lui parle de l’INEPE, pensant que ce projet de scolarisation « globale » pouvait l’intéresser. Andres me dit avoir habité Chilibulo, ce quartier pauvre de Quito quand il était petit et que « le bidonville a encore grimpé la montagne » (plus de 3000 mètres d’altitude).

Nous avons d’abord rencontré Patricio Raza Dávila, Fondateur et Directeur général de l’INEPE, puis Pablo Salazar Luna, Responsable de la communication de l’INEPE qui est un ancien élève d’une trentaine d’années de l’Institut. Il a passé deux bonnes heures à nous expliquer tout ce qui se vivait à l’INEPE, en nous faisant visiter tous les lieux : plusieurs constructions au fur et à mesure des agrandissements, salles de classe, bibliothèque, crèche et maternelle pour les enfants du personnel, le jardin potager, le jardin biologique dans la forêt (et plantation d’arbres pour la diversifier).

Quelle bonne surprise en arrivant : la rentrée n’ayant lieu que le lundi suivant, je pensais trouver une école déserte, mais c’était l’effervescence ! Des parents pour les inscriptions, des profs en réunion pour améliorer la pédagogie, du personnel pour nettoyer partout, un échafaudage pour repeindre les façades… Quelle vie, pour cette nouvelle année scolaire ! J’en étais très émue et Andres mon interprète l’était tout autant, ignorant totalement qu’une telle école alternative pouvait exister dans son pays !

L’INEPE a gagné le 3ème prix des écoles alternatives de l’Amérique latine. Grâce à l’application des méthodes pédagogiques de l’éducateur musicien japonais Shinichi Susuki, les enfants baignent dès tout petits dans la musique comme on baigne dans sa langue maternelle. La mairie de Quito a passé un accord avec l’INEPE pour la reconnaissance et l’entretien du Parc de Chilibulo (la forêt qui jouxte l’école). Pablo nous a confié qu’après quelques années dans le monde du travail ordinaire de l’Equateur, il est revenu à l’INEPE comme enseignant, rien que pour les relations humaines chaleureuses et bienveillantes.

Je suis vraiment enchantée de ma visite à l’INEPE ! Et encore plus admirative du travail qui y est accompli !

Merci à Pablo de m’avoir consacré tout ce temps, merci à Patricio pour tous ces enfants remis debout et confiants en l’avenir.

Je ne sais quelle est ma plus grande joie : d’avoir pu constater combien ma petite goutte d’eau est bien utilisée, ou combien grande était la joie d’Andres de découvrir une perle dans son pays ! Nous nous sommes quittés les larmes aux yeux, en échangeant nos e-mails.