Débuté en avril 2025, le projet Cantines des Ecoles du Monde piloté par PARTAGE et co-financé par l’Agence Française de Développement a pour enjeu de permettre aux enfants du Bénin, des Comores et d’Egypte qui bénéficient de l’accompagnement de nos partenaires, d’accéder à des cantines scolaires de bonne qualité. Chacun veille à offrir des repas sains, réguliers et qui tiennent compte des réalités de son terrain d’intervention : menu équilibré et local, formation des préparateur.ices au respect des normes d’hygiène, accompagnement des écoles dans l’organisation des cantines… tout ce qui contribue à améliorer l’accès et la qualité des repas est renforcé.
Pour avancer au mieux, rien de tel que le partage des façons de faire de chacun. RACINES au Bénin, MAEECHA aux Comores et AHEED en Egypte interviennent de manière différente mais avec un objectif commun. Ils échangent leurs dispositifs, les questionnent et apprennent les uns des autres.
Pour démultiplier l’efficacité des échanges, PARTAGE anime, dans le cadre du réseau de ses partenaires PARTAGE RISE, une Communauté de Pratiques sur les différents dispositifs mis en œuvre par 4 autres partenaires : DISPENSAIRE TROTTOIR au Burkina Faso, BEL AVENIR à Madagascar, BANDOS KOMAR au Cambodge et INEPE en Equateur. Chacun a ses spécificités et ses approches qui nourrissent les autres. Le partage est donc très porteur et permet à chacun d’améliorer ses pratiques.
C’est dans ce cadre qu’une visio d’échanges a été organisée le 28 juillet sur deux thématiques majeures :
- Comment organiser le suivi nutritionnel des enfants pris en charge dans les cantines scolaires ?
- Comment favoriser l’appropriation de la cantine par les enfants et valoriser les pratiques agroécologiques ?
Notre partenaire BEL AVENIR, a présenté aux autres membres son dispositif de suivi nutritionnel à destination des 1500 enfants scolarisés à l’école des Salines, de Tuléar. Deux fois par an, l’équipe organise une campagne de mesure poids-taille et un système de dépistage précoce suivant un protocole interne basé sur des normes internationales. BEL AVENIR a partagé son expérience et particulièrement alerté les membres de l’importance de réaliser un suivi holistique et individualisé à chaque enfant pour une prise en charge adaptée et une récupération nutritionnelle rapide, efficace et durable. Silvia, coordinatrice des programmes a notamment échangé la recette de la « formula gasy », un complément alimentaire « maison », élaboré par des nutritionnistes, à base de produits locaux et à des prix accessibles. Tout cela a permis aux membres de prendre des notes et de réfléchir aux modalités d’intégration de ce dispositif dans sa propre cantine.
Ensuite, c’est l’INEPE qui a présenté sa cantine et notamment son jardin agroécologique : réponse aux enjeux de durabilité environnementale et méthode d’apprentissages par l’expérience, Patricio, directeur de l’INEPE a rappelé le double objectif du dispositif : contribuer au développement intégral et harmonieux des enfants : corps et esprit. En effet, chaque année, ce sont 650 enfants qui sont directement et activement impliqués dans la culture du jardin agroécologique et le champ de l’association. Au-delà d’un espace de production, le jardin est également un laboratoire scientifique, où sont aussi développés des projets de Sciences de la Vie et de la Terre. Les enfants prennent conscience du cycle de la vie, apprennent à observer, sont sensibilisés aux effets de la dégradation de l’environnement et renforcent leurs compétences sociales (prise de responsabilité, planification, travail d’équipe, etc.). Ils participent à tout le processus de culture : de la préparation des sols à la récolte. Quelle fierté pour les enfants de manger ce qu’ils cultivent !
Pour améliorer le rendement du jardin et viser l’autosuffisance en fruits et légumes et céréales, l’INEPE a mis en place un compost : l’équipe et les enfants veillent à récupérer les déchets organiques de la cantine mais aussi ceux de 65 familles et de trois marchés locaux du sud de la ville. L’implication active des familles est un levier indispensable pour le succès de l’entreprise (travaux champêtres, préparation des repas).
Autant d’initiatives qui ont convaincu les autres membres du réseau de réfléchir à la manière de réaliser ce type d’activités ! Car l’INEPE a su démontrer l’importance de sensibiliser les enfants sur le lien permanent entre la production et la consommation. Ils s’impliquent et s’appliquent à faire pousser ce qu’ils mangent, ils sont beaucoup plus sensibles au gâchis alimentaire et à la protection du vivant ! Un apprentissage essentiel dans une période de bouleversements de la nature comme celui auxquels tous les enfants du monde sont confrontés : la résilience est en marche.
Les visio d’échanges de pratiques – un outil simple … & complexe à la fois
Témoignage de Marie BENKETAF, responsable des apprentissages
Pour PARTAGE, réaliser ces visio revêt un enjeu primordial : se nourrir des pratiques qui ont fait leurs preuves, ne pas réinventer la roue, favoriser l’émergence de nouvelles idées et valoriser les innovations existantes, car « de la discussion jaillit la lumière » !!
Evidemment, chacun doit réfléchir à la manière dont les exemples présentés peuvent être intégrés dans son propre projet. Par exemple, une recette de « formula gasy » de Madagascar, constituée à base de moringa ne pourra pas être développée dans un contexte où cette plante est chère ou introuvable… elle sera adaptée aux réalités de chaque terrain ! Les partenaires qui contribuent à ces échanges sont toujours extrêmement enthousiastes car des petites actions peuvent apporter un grand changement et permettent de s’améliorer : l’efficacité est réelle.
La mobilisation toujours sans faille des partenaires à ces moments d’échanges est évidente. Malgré la difficulté de communiquer (trois langues de travail : français, anglais et espagnol) et des fuseaux horaires de connexion parfois très contraignants, l’engouement est clair, personne ne manque ce rendez-vous. A titre d’exemple, pour les échanges de la Communauté de Pratiques du projet CDEM, l’INEPE d’Equateur et Bandos Komar du Cambodge se sont connectés respectivement à 8h et 20h, pour une réunion qui a duré 2h !! La complexité des échanges est dépassée par l’enthousiasme. Avec son réseau de partenaires PARTAGE reste convaincu que « le savoir est la seule ressource qui s’accroît quand on la partage » !