Alors que le parrainage de projet LIBAN arrive aujourd’hui à son terme, retour sur son impact et sur ce qu’il a permis de construire dans la durée.
Accompagner les enfants dans un contexte de crises successives
Depuis l’explosion du port de Beyrouth en 2020, le Liban a dû s’adapter à un contexte de plus en plus difficile : effondrement économique, inflation, dégradation des services publics, instabilité politique et sécuritaire, déplacements de population et conflits armés.
Pour les enfants, les conséquences sont nombreuses : interruptions de scolarité, retards dans les apprentissages, risque de décrochage scolaire, difficultés d’accès aux soins, stress, perte de repères et exposition accrue aux violences.
Dans ce contexte, PARTAGE et le MOUVEMENT SOCIAL ont choisi une approche globale : ne pas agir uniquement sur la scolarité, mais sur tout ce qui permet à un enfant d’apprendre, de grandir et d’être protégé.
1 531 enfants accompagnés au plus près de leurs besoins
Au cours du projet, 1 531 enfants issus de 948 familles ont directement bénéficié des actions mises en place.
Parmi eux, 287 enfants non scolarisés ont pu reprendre les apprentissages fondamentaux en lecture, écriture et mathématiques. 660 élèves vulnérables ont également bénéficié d’un soutien scolaire personnalisé afin de consolider leurs acquis et prévenir le décrochage.
Pour les enfants présentant des difficultés particulières, le projet a permis d’aller plus loin. 294 enfants ont bénéficié d’un accompagnement individualisé associant éducateurs, assistants sociaux, psychologues, orthophonistes et éducateurs spécialisés.
Cette approche personnalisée est essentielle : lorsqu’une difficulté est repérée et accompagnée à temps, elle ne devient pas nécessairement un obstacle durable à la scolarité.
Apprendre, mais aussi se reconstruire
Dans un pays marqué par les crises et les conflits, la santé mentale des enfants est devenue un enjeu central.
Des espaces de soutien psychologique et psychosocial ont permis aux enfants de parler de leurs émotions, de mieux gérer leur stress et de retrouver progressivement un sentiment de sécurité.
231 enfants ont notamment participé à des séances de soutien psychosocial ciblées.
« Je croyais que j’étais tout seul… mais maintenant je sens qu’il y a quelqu’un qui me comprend. »
Parce que grandir ne se résume pas à apprendre à lire et à compter, le projet a aussi fait une large place aux activités artistiques, sportives et récréatives.
1 009 enfants ont participé à des ateliers de dessin, de musique, de théâtre, de sport ou à des sorties éducatives.
Ces activités ont permis aux enfants de retrouver des espaces de respiration, d’exprimer leurs émotions autrement, de renforcer leur confiance en eux et de recréer du lien avec les autres.
« Quand je dessine ma colère avec des couleurs, je me sens mieux. »
Soutenir les familles pour mieux protéger les enfants
Le projet s’est aussi construit autour des parents et des communautés.
394 mères ont participé à des séances de parentalité positive, qui leur ont permis de mieux comprendre les réactions de leurs enfants, d’échanger sur leurs difficultés et de développer des pratiques éducatives fondées sur l’écoute et la communication.
En parallèle, des professionnels, des familles et des acteurs communautaires ont été sensibilisés à la protection de l’enfance.
Un Comité de Protection composé de 32 membres a également été constitué. Ses membres jouent aujourd’hui un rôle de relais pour repérer les situations de vulnérabilité et orienter les enfants vers les services adaptés.
C’est tout l’intérêt d’un accompagnement inscrit dans la durée : au-delà des activités menées, le projet renforce progressivement les capacités des familles et des communautés à mieux protéger leurs enfants.
Pendant la guerre, une réponse d’urgence rendue possible par la présence locale
Lorsque le conflit s’est intensifié, le MOUVEMENT SOCIAL a dû adapter une nouvelle fois son action.
Pendant les épisodes de guerre d’octobre à décembre 2024 puis de mars à mai 2026, des familles entières ont été déplacées. Malgré la fermeture de l’un de ses centres et alors que certains membres de l’équipe étaient eux-mêmes déplacés, le MOUVEMENT SOCIAL a poursuivi ses interventions.
Accueil des familles, distributions de repas, kits d’hygiène et fournitures scolaires, activités éducatives et psychosociales : les équipes ont continué à protéger les enfants dans l’urgence.
Au total, 1 847 personnes déplacées ont été accompagnées dans huit centres d’hébergement et deux centres du MOUVEMENT SOCIAL.
Cette capacité d’adaptation montre aussi la force du parrainage de projet : soutenir une action dans la durée permet de disposer d’équipes formées, de liens solides avec les communautés et d’une capacité à réagir lorsque la situation bascule.
La fin d’un projet, pas la fin de l’engagement
Après plusieurs années d’action, le parrainage de projet LIBAN arrive aujourd’hui à son terme.
Mais les besoins restent importants.
À Jnah, au sud de Beyrouth, la précarité économique, les conséquences de la guerre, les difficultés scolaires et la souffrance psychologique continuent de fragiliser les enfants et leurs familles.
PARTAGE et le MOUVEMENT SOCIAL souhaitent donc poursuivre leur engagement à travers un nouveau projet, centré sur l’éducation, la protection, le soutien psychosocial et l’accompagnement des familles.
Le parrainage de projet permet précisément cela : agir dans la durée, accompagner plusieurs dimensions de la vie des enfants et donner aux équipes locales les moyens de s’adapter aux besoins réels.
Au Liban, reconstruire ne signifie pas seulement réparer ce qui a été détruit. C’est aussi permettre aux enfants de retrouver des repères, de rester à l’école, de se sentir protégés et de pouvoir à nouveau imaginer leur avenir.