L’environnement de la solidarité internationale connaît des mutations profondes : recul des financements publics, renforcement des dynamiques autoritaires, replis sur soi des sociétés, réduction de l’espace civique pour l’action des ONG.
Pour PARTAGE, qui œuvre depuis plus de 50 ans pour la protection et l’accès des enfants les plus vulnérables à leurs droits — via le parrainage, les cantines, l’éducation, la santé — comprendre ces évolutions est essentiel. Les comprendre et les décrypter nous permet de confirmer notre engagement, d’affiner notre posture, d’agir plus efficacement, et d’accompagner les enfants, les familles et les communautés au plus près de leurs besoins et avec encore plus de détermination.
Un contexte de “vents contraires” pour les organisations de solidarité
Le secteur fait face à plusieurs grands enjeux :
- La remise en cause des financements traditionnels de l’aide au développement, qui fragilise les organisations engagées sur la durée.
- Une remise en question de la posture partenariale classique, et des formes d’intervention héritées d’un modèle moins horizontal.
- Un rétrécissement de l’espace civique dans de nombreux pays, réduisant la marge de manœuvre des partenaires locaux.
- Une mobilité internationale limitée ou incertaine, compliquant les échanges et les missions de terrain.
- Une reconfiguration de l’humanitaire et du développement, avec davantage de liens entre urgences, développement et agendas géopolitiques.
Pour PARTAGE, ces “vents” signifient qu’il ne suffit plus de poursuivre comme auparavant. Il faut adapter nos méthodes, renforcer nos fondamentaux et confirmer notre posture partenariale, tout en restant fidèles à notre vision : un monde de paix et de justice où les droits de l’enfant sont respectés.
Ce que cela implique concrètement pour PARTAGE et nos partenaires
Diversification et pérennité des financements
L’instabilité des financements publics impose aux ONG de repenser leur modèle. Pour PARTAGE, cela renforce notre engagement à mobiliser non seulement les donateurs et parrains/marraines — près de 20 000 à ce jour — mais aussi à consolider des partenariats institutionnels, à développer des ressources propres (événements, mécénat, alliances entreprises) et à garantir que chaque euro soit utilisé avec rigueur et transparence, conformément au label “Don en Confiance”.
Une posture partenariale affirmée
Le modèle de PARTAGE repose depuis toujours sur une approche de co-construction avec des associations locales expertes de leur territoire et de ses enjeux.
Les associations partenaires sont choisies pour leurs compétences, leur proximité avec les enfants et leurs communautés ; elles sont donc non pas “bénéficiaires” mais co-actrices de nos projets communs.
Nous nous assurons de partager les mêmes valeurs dans la durée avec nos partenaires, après une longue période « de test » que nous appelons pré-partenariat, puis nous nous engageons sur le long terme pour dépasser une simple logique de projets et accompagner des projets de vie.
Notre posture est fondée sur le respect des spécificités locales, la valorisation des compétences nationales, le renforcement des sociétés civiles des pays d’intervention et une approche globale de l’épanouissement de l’enfant.
En résumé, face à la remise en cause de l’aide traditionnelle, PARTAGE affirme : nous n’intervenons pas “à la place de”, mais “avec”. Ce principe guide notre action quotidienne et continuera de le faire dans les années à venir.
Répondre aux contraintes de réduction de l’espace civique et des mobilités
Avec la réduction de l’espace d’intervention dans certains pays et parfois l’impossibilité de garantir des missions internationales classiques, PARTAGE confirme sa stratégie de localisation : un ancrage fort auprès des partenaires locaux et un soutien à distance lorsque les déplacements sont limités.
Nos 26 partenaires dans 17 pays témoignent de cette vision : agir “sur place” et “avec” les communautés. Nous mettons aussi l’accent sur la transparence, les bilans réguliers et l’adaptation de nos outils en fonction des contextes et des risques.
Notre mode de financement et notre stratégie partenariale nous permet une grande réactivité quand un projet doit être rapidement réadapté à un contexte changeant brutalement (conflits, guerre, coup d’état, catastrophe naturelle, suspension des déplacements, etc.)
Plaidoyer et voix collective
Pour faire face à ces mutations, les associations doivent renforcer leur capacité de plaidoyer, de sensibilisation et de mobilisation.
Pour PARTAGE, cela signifie :
- Continuer à être présente dans le débat public sur les droits de l’enfant et la solidarité internationale aux côtés de nos collectifs tels que la CHD, Coordination Sud, le Groupe enfance ou la Coalition éducation,
- Valoriser les témoignages des enfants, des familles et des communautés pour porter leur voix.
- Prendre la parole pour témoigner, ou la donner aux enfants et partenaires, auprès des décideurs publics ou du grand public lorsque nous sommes sollicités
- Mobiliser nos parrains, marraines, bénévoles et antennes locales pour faire exister un réseau solidaire et rendre visible l’impact concret de nos actions.
Lire
Retrouver l’intégralité de l’étude « POURSUIVRE, S’ADAPTER, OU SE RÉINVENTER FACE À DES VENTS CONTRAIRES » ici
Quelles capacités d’agir pour les organisations de
solidarité internationale dans un contexte politique et géopolitique qui met en cause leur légitimité ?
Les mutations du secteur de la solidarité internationale ne sont pas seulement des menaces : elles sont aussi une invitation à repenser nos pratiques, à consolider nos alliances et à affirmer notre singularité.
Pour PARTAGE, c’est l’occasion de réaffirmer notre engagement, d’ancrer encore plus profondément notre posture partenariale et de mobiliser notre réseau de parrains, marraines, donateurs et bénévoles au service des enfants.
À chaque euro investi, à chaque parrainage renouvelé, à chaque action menée, nous réaffirmons une conviction : ensemble, nous pouvons faire la différence.