Une catastrophe d’une ampleur exceptionnelle
Mercredi 26 août, un important effondrement de glace et de roches s’est produit dans la région himalayenne située à la frontière entre le Népal et le Tibet. Selon les premières analyses scientifiques, cet effondrement a entraîné une puissante coulée de débris, d’eau et de boue qui s’est propagée vers les vallées situées en aval.
Le district népalais de Rasuwa, au nord de Katmandou, a été particulièrement touché. La crue a déferlé dans les vallées des rivières Bhote Koshi et Trishuli, emportant des habitations, des routes, des ponts et des infrastructures hydroélectriques. Les districts de Nuwakot et de Dhading ont également été affectés.
Au 27 août, au moins 157 personnes ont perdu la vie au Népal et plusieurs milliers sont toujours portées disparues. Les opérations de recherche se poursuivent dans des conditions difficiles, alors que certaines zones demeurent isolées et que l’instabilité des pentes fait craindre de nouveaux glissements de terrain.
Cette catastrophe intervient en pleine saison de mousson, une période durant laquelle les pluies intenses provoquent régulièrement des inondations et des glissements de terrain au Népal et plus largement en Asie du Sud.
L’Himalaya en première ligne du dérèglement climatique
Les glissements de terrain et les inondations ne sont pas nouveaux au Népal. Son relief montagneux, la mousson et la fragilité des sols rendent naturellement le pays très exposé.
Mais le changement climatique accentue aujourd’hui ces risques. La fonte accélérée des glaciers, la hausse des températures et l’instabilité croissante des pentes favorisent des phénomènes plus brutaux : avalanches, crues soudaines, glissements de terrain ou débordements de lacs glaciaires.
Dans un pays comme le Népal, ces bouleversements ont des conséquences directes sur les populations, les infrastructures et l’accès aux services essentiels. La catastrophe actuelle illustre ainsi une réalité de plus en plus préoccupante : les effets du dérèglement climatique viennent amplifier des vulnérabilités déjà fortes.
Une catastrophe locale aux enjeux géopolitiques
La localisation de la catastrophe lui donne également une dimension géopolitique particulière.
Enclavé entre l’Inde au sud et la Chine au nord, le Népal occupe une position stratégique au cœur de l’Himalaya. Sans accès à la mer, le pays dépend fortement de ses infrastructures routières et de ses passages frontaliers pour ses échanges commerciaux.
Or, le district de Rasuwa se situe sur l’un des principaux axes reliant le Népal au Tibet et à la Chine. La catastrophe a fortement endommagé la route commerciale entre Katmandou et Kerung, ainsi que de nombreux ponts et équipements.
La destruction répétée de routes, de ponts ou d’installations hydroélectriques représente donc bien plus qu’un problème local. Elle peut perturber les échanges, l’approvisionnement des territoires, la production d’énergie et l’activité économique du pays.
Cette situation rappelle également l’importance de la coopération entre les États de la région. Les glaciers, les fleuves et les phénomènes climatiques traversent les frontières. Prévenir les catastrophes nécessite donc une meilleure surveillance des zones à risque, des systèmes d’alerte plus efficaces et un partage des informations entre pays voisins.
Népal – 26 août 2026
Crédit photo : online Khabar
Derrière les infrastructures détruites, des vies durablement bouleversées
Les catastrophes naturelles ne touchent jamais toutes les populations de la même manière.
Pour les familles vivant déjà dans des situations de précarité ou dans des territoires isolés, perdre une maison, une route, des terres agricoles ou une source de revenus peut avoir des conséquences pendant plusieurs mois, voire plusieurs années.
Les enfants sont particulièrement vulnérables.
Lorsqu’une route disparaît, c’est parfois l’accès à l’école qui devient impossible. Lorsqu’une famille perd son logement ou ses revenus, la poursuite de la scolarité peut être fragilisée face à l’urgence de se nourrir, de se reloger ou de reconstruire. Les catastrophes peuvent également interrompre l’accès aux soins, à l’eau potable et aux dispositifs de protection.
Au Népal, PARTAGE agit aux côtés de ses partenaires locaux BIKALPA et VOICE OF CHILDREN dans les domaines de l’éducation et de la protection des enfants. Avec VOC notamment, nous soutenons l’accompagnement d’enfants en situation de rue afin qu’ils puissent retrouver un environnement protecteur et accéder durablement à l’éducation.
Dans un contexte où les crises environnementales viennent accentuer des vulnérabilités sociales déjà existantes, le travail mené sur le long terme par les organisations locales est essentiel.
Protéger les enfants, c’est aussi renforcer la résilience des territoires
La catastrophe qui frappe aujourd’hui le Népal rappelle une réalité : le dérèglement climatique est aussi une question de droits humains et de droits de l’enfant.
Face à l’intensification des risques, les réponses d’urgence sont indispensables, mais elles ne suffisent pas. Renforcer les systèmes d’alerte, sécuriser les infrastructures, préserver l’accès à l’école, accompagner les familles les plus vulnérables et soutenir les organisations locales sont autant de moyens de permettre aux populations de mieux faire face aux crises.
Pour PARTAGE, agir pour les droits des enfants signifie aussi veiller à ce qu’une catastrophe ne se transforme pas durablement en rupture de scolarité, en précarité ou en perte de protection.
Dans un Himalaya soumis à des bouleversements rapides, protéger les enfants, leurs familles et leur accès aux droits devient plus essentiel que jamais.