AVR
2010
Julie, de retour de mission en Haïti, nous donne des nouvelles de nos partenaires sur place
A Ennery où se situent les programmes de Prodeva, même si le tremblement de terre du 12 janvier dernier a été ressenti, il n'a pas causé de dégâts importants. Cette zone est en effet relativement éloignée de l'épicentre du séisme. Les écoles ont rapidement rouvert et ont même accueilli des enfants et jeunes supplémentaires arrivés à Ennery après avoir fui Port-au-Prince dévasté par le tremblement de terre. Des centaines de milliers de personnes ont en effet quitté la capitale au lendemain du séisme pour se réfugier chez des membres de leurs familles habitant en province. Ils seraient, d'après les estimations officielles, environ mille à avoir été accueillis par des proches sur la commune d'Ennery.
Prodeva dispose également d'un bureau à Port-au-Prince qui n'a, par chance, pas subi de dommages. Il n'y a heureusement eu aucun décès à déplorer parmi le personnel de Prodeva à Port-au-Prince, par contre, certain d'entre eux ont perdu leur maison.
A Port-au-Prince, plus de deux mois après la catastrophe, la vie reprend peu à peu le dessus et l'activité économique redémarre tant bien que mal. Pourtant à chaque coin de rue, le séisme se rappelle à nous. En lieu et place de la Faculté de Sciences Sociales, il n'y a plus aujourd'hui qu'un vaste terrain vague. Les bâtiments ont été complètement détruits et tous les gravas viennent d'être déblayés. En de nombreux endroits, le temps semble s'être figé depuis le soir du 12 janvier. Beaucoup de maisons effondrées renferment encore les corps de ceux qui s'y trouvaient au moment du tremblement de terre et il faudra sûrement longtemps avant que toutes les ruines puissent être dégagées.
Le sud d'Haïti a également été fortement touché par le tremblement de terre. Notre partenaire Acded travaille sur les communes rurales de Marigot et des Cayes Jacmel où de nombreuses habitations ont été détruites. D'après les données officielles environ deux mille maisons auraient été endommagées sur ces deux communes. Mais contrairement à Port-au-Prince et ses environs, les pertes humaines sont faibles (5 morts à Marigot et Cayes Jacmel), l'habitat rural étant très différent de celui de la capitale (peu de constructions en béton). Les écoles soutenues par l'Acded n'ont heureusement pas trop souffert du séisme, seuls quelques murs de salles de classe en construction sont tombés. Les membres de l'équipe de l'Acded ont, eux aussi, été affectés puisqu'un certain nombre d'entre eux a perdu des proches, leur logement.
Malgré cela ils ont très vite repris le travail, apportant dans l'urgence une aide alimentaire à des personnes sinistrées dans la ville de Jacmel, puis relançant les activités de leurs programmes à Marigot et Cayes Jacmel. Cela fait environ 3 semaines que les écoles rouvrent peu à peu dans la zone. Les enfants sont aujourd'hui tous revenus, de même que les enseignants et, comme à Prodeva, de nombreux enfants arrivés de Port-au-Prince ou de Jacmel suite au tremblement ont été accueillis dans les écoles. L'Acded a essayé de profiter de la période de fermeture forcée des écoles et a organisé plusieurs sessions de formation pour les enseignants en février et mars. Quant aux constructions de salles de classe, elles ont pu elles aussi redémarrer.
Aujourd'hui, Partage travaille avec ses deux partenaires haïtiens sur la mise en place de projets pour appuyer les communautés des zones sinistrées de Marigot et Cayes Jacmel et les rescapés arrivés à Ennery, Marigot et Cayes Jacmel. Un projet d'appui psychosocial va démarrer très rapidement à l'Acded et plusieurs autres activités doivent bientôt être lancées, aussi bien à l'Acded qu'à Prodeva.
Je tiens à vous remercier tous pour le soutien que vous apportez à nos deux partenaires et vous dire combien ceux-ci ont été touchés par vos nombreux témoignages de solidarité après le tremblement de terre. Plus que jamais l'Acded et Prodeva ont besoin de vous pour venir en aide aux enfants d'Haïti et, à travers eux, à l'ensemble de ces communautés qui se retrouvent une fois de plus mises à rude épreuve par les éléments naturels.
Julie Saturné, Responsable de suivi de programmes à Haïti






