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12
FEV
2010

HAITI, LE CAUCHEMAR CONTINUE. Des nouvelles de nos partenaires sur place...

Un mois après le séisme qui a dévasté Haïti et provoqué la mort de 217 000 personnes, selon un dernier bilan, le cauchemar continue pour la population. Si les cadavres ont disparu des rues, des milliers de personnes dorment toujours dans la rue et errent désespérées à la recherche de nourriture, d'eau, de proches... et de réconfort. Le désastre s'est inscrit dans la géographie, mais aussi dans les corps : le nombre de personnes mutilées, amputées est impressionnant. Cette catastrophe a été une des plus meurtrières de l'histoire. Son bilan est comparable à celui du tsunami qui avait fait alors 220 000 morts, mais avec un nombre de blessés graves beaucoup plus importants.

Nos deux partenaires locaux, directeurs d'associations haïtiennes d'aide à l'enfance, l'ACDED et PRODEVA, font le point de la situation actuelle.
Nous avons pu joindre au téléphone Cantave, directeur de l'ACDED travaillant dans la région de Jacmel. Tout le monde a peur des répliques du séisme car la terre continue encore de trembler. Son équipe a pu se rendre avec beaucoup de difficultés dans toutes les zones d’intervention. Les dégâts sont importants : un quart des écoles a subi des dommages, beaucoup de maisons des familles que nous soutenons se sont totalement ou partiellement effondrées. Il semblerait que les enfants aillent bien. La situation est très difficile pour leurs familles, car, sous l'impulsion du gouvernement, beaucoup de personnes ont quitté Port-au-Prince pour revenir dans la région. Les familles d’accueil avaient déjà du mal à se nourrir, alors… Pour l'instant, les écoles sont toujours fermées. Un groupe d’enfants soutenus par l’ACDED a été réuni cette semaine au centre pour des activités et pour bénéficier d'un appui psychosocial.
 
" Nos écoles ont pu être réouvertes et il n'y a pas de victimes chez les enfants" relate de son côté Obed, directeur de PRODEVA. " Le bâtiment du collège a été, lui, gravement fissuré, et classé site à consolider. Mais les cours ont pu reprendre, pas dans ce bâtiment, mais dans celui qui était désaffecté. Le gouvernement encourage l'évacuation de Port-au-Prince en mettant des bus gratuits à la disposition des gens. A Ennery et dans la région, beaucoup de natifs sont rentrés pour se réinstaller ici. Les besoins sont énormes. La grosse question reste comment intégrer ces personnes à la vie économique faible alors que l'essentiel de l'aide alimentaire se concentre à Port-au-Prince.  Le besoin d'accompagnement psychologique est, il me semble urgent et indispensable, pour les enfants et les adultes. Je crois que nous avons tous besoin de parler d'une manière ou d'une autre de ce qui est arrivé et ceux qui en ont été les victimes encore plus."

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