accueils'informeractualités › Comores : sur l'île d'Anjouan, deux-tiers des enfants ne vont pas à l'école
Actualités

Actualités › Archives

2
DEC
2009

Comores : sur l'île d'Anjouan, deux-tiers des enfants ne vont pas à l'école

 

 

Depuis son indépendance en 1975, l’Union des Comores peine à trouver une stabilité politique. Aujourd’hui encore, 46% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Les conséquences sur la vie des enfants sont dramatiques. Sur l’île d’Anjouan, la plus défavorisée, seul un tiers est scolarisé. Maeecha, partenaire de Partage, contribue à changer les choses : grâce à elle, 11 000 enfants ont accès à l’école.

 

L’Union des Comores, situé au sud-est de l’Afrique, regroupe trois îles : Grande Comore, Mohéli et Anjouan. La quatrième île de l’archipel, Mayotte, est devenue département français d’outre-mer en mars 2009. Outre les difficultés politiques et économiques auxquelles l’Union des Comores a été confrontée ces dernières années, la proximité des côtes françaises crée un réel déséquilibre dans la région et pousse de nombreux Comoriens à risquer leur vie pour rejoindre Mayotte.

Au sein de l’Union des Comores, la situation des enfants est très inquiétante : un enfant sur deux souffre de malnutrition chronique et 44% des petits de moins de 5 ans présentent un retard de croissance. Le taux de scolarisation à l’école primaire dépasse les 70 % mais le taux de fréquentation n’est, lui, que de 31%.

La présence de Maeecha, partenaire de Partage aux Comores, a donc une importance capitale pour bon nombre d’enfants. L’association soutient en effet la scolarité de plus de 11 000 enfants sur l’île d’Anjouan et travaille aussi à l’amélioration du système éducatif.

Maeecha tient particulièrement à impliquer les élèves, les parents, les enseignants et l’ensemble de la communauté dans la gestion des écoles. Dans chaque établissement où elle intervient, Maeecha appuie ainsi la mise en place des Conseils d’Ecole, institués par l’Etat comorien et composés d’enseignants, de représentants de la communauté (agriculteurs, pêcheurs, femmes au foyer),  de 2 élèves représentant leurs pairs et du directeur d’école. En 2007, Maeecha a par ailleurs créé une école communautaire qui accueille 140 enfants très démunis, dont les parents sont handicapés ou émigrés à Mayotte.

Maeecha soutient également la création de classes maternelles dans les établissements et forme les enseignants à de nouvelles pratiques pédagogiques. Pour faire baisser l’absentéisme et améliorer la concentration des enfants en classe, des cantines scolaires ont été instaurées. Deux fois par semaine, un repas est distribué aux enfants. L’objectif étant de passer à un repas quotidien tous les jours de classe.

Malgré tout le travail réalisé, il reste encore beaucoup à faire et de nouveaux enfants arrivent chaque année avec l’espoir d’être scolarisé. A Mrémani, au sud de l’île, l’une des écoles se retrouve face à des problèmes de locaux, du fait de l’augmentation des effectifs. « A la rentrée 2008/2009, pour répondre à la demande de scolarisation, le Conseil d’Ecole s’est trouvé dans l’obligation de louer un local. 100 enfants supplémentaires ont été accueillis dans cette salle louée qui ne répond pas aux normes requises pour une salle de classe. Les conditions de travail des élèves et de leur enseignant sont inimaginables et ne favorisent pas l’apprentissage. La pièce est tellement petite que les enfants sont entassés les uns sur les autres et l’instituteur ne peut pas circuler entre les enfants», explique Nasser Assoumani, directeur de Maeecha.

L’école n’ayant pas une capacité d’accueil suffisante, elle se sentirait obligée de refuser l’inscription de nouveaux enfants. Pour Maeecha, cette possibilité n’est pas acceptable car l’association encourage les parents à envoyer leurs enfants à l’école. « D’un côté, nous militons pour la scolarisation de tous les enfants, de l’autre l’école ne peut pas accueillir tout le monde faute de place », poursuit Nasser Assoumani.

Refuser à un enfant d’aller à l’école, par manque de moyens, est intolérable. C’est bien là le combat de Maeecha que nous partageons tous.

Retour aux actualités