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Bobo-Dioulasso, Octobre 2003.

Chères marraines, chers parrains, C'est de Bobo-Dioulasso que je vous écris aujourd'hui, du Dispensaire Trottoir
(le DT) où les cris joyeux des enfants qui jouent dans la cour résonnent. Le DT existe depuis 1993, date à laquelle une infirmière qui soignait les enfants de la rue sur le trottoir et quelques-uns de ses amis de bonne volonté ont décidé de créer une association pour venir en aide aux enfants démunis.

Depuis, le DT a grandi et est aujourd'hui un centre dirigé par Sali Héma qui accueille plus de 600 enfants, issus pour la plupart des quartiers périphériques de Bobo; ces quartiers sont des zones non loties, zones où les titres de propriété des terrains ne sont pas répertoriés au cadastre et dont la gestion revient aux chefs de terre, autorités traditionnelles. Ces zones non loties sont d'anciens villages que les faubourgs de Bobo, grossissant sous l'effet de l'exode rural, ont « rattrapé » ; y cohabitent donc les anciennes familles du village et les familles émigrées d'autres régions du Burkina qui, n'ayant pas les moyens d'habiter en ville même, sont venues s'y installer de manière anarchique.

Ces quartiers sont dépourvus de toutes les commodités que sont l'eau courante, l'électricité et le téléphone ou des infrastructures telles que les routes, les écoles ou les dispensaires ; les parents ont pour la plupart de très faibles revenus tirés de petites activités de commerces peu rémunératrices et souvent pénibles. Nous sommes allés rendre visite à quelques-unes de ces familles avec Saly et Joséphine (une des trois institutrices de maternelle) dans le cadre du suivi familial qu'effectue l'équipe. Nous nous sommes rendus chez les Traoré tout d'abord, dont deux des trois enfants sont scolarisés par le DT. Depuis qu'un accident de travail l'a rendu invalide, le papa n'a plus d'emploi ; il s'occupe donc beaucoup de ses enfants et de son foyer ; cette famille est dans une situation très précaire car le papa ne perçoit aucune indemnité d'invalidité et c'est la maman qui doit subvenir seule aux besoins du foyer : elle confectionne des balais qu'elle vend ensuite en ville ; ce petit commerce très laborieux lui rapporte tout juste de quoi nourrir la famille ; grâce au DT, Ibrahim peut aller à l'école ; sa petite sour Adjara va, quant à elle, à la maternelle où les animatrices du DT lui offre un enseignement de qualité ; ces deux enfants ainsi que leur frère bénéficient également du suivi médical de l'infirmière et du médecin du DT. La scolarité qui était un luxe que les parents ne pouvaient offrir à leurs enfants devient donc une réalité pour ces deux petits élèves.

Voici brièvement l'histoire particulière d'une famille du DT ; tous les enfants qui y sont accueillis sont dans des situations similaires de pauvreté extrême mais le jour de la rentrée, malgré quelques pleurs des tout-petits qui ont du mal à quitter leur maman, tous les enfants étaient aux rendez vous ; sourires aux lèvres et très fiers pour ceux de CP1 d'aller à la grande école avec leurs cartables tout neufs ! L'équipe du DT et tous ses enfants se joignent à moi pour vous remercier du soutien quotidien que vous leur apportez grâce à votre parrainage.

Hélène Barbier
Responsable de suivi de programme

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