Quelle est la plus belle réussite de Partage, au cours de ces 35 dernières années ?
Au cours d’une de mes dernières missions en Haïti, j’ai rencontré un directeur d’école qui avait été un enfant parrainé. Ce fut vraiment une grande émotion car l’objectif de Partage est bien de développer les pays dans lesquels elle intervient afin qu’ils aient leurs propres ressources de développement.
Alors un exemple comme celui-ci représente vraiment une très belle réussite pour l’association.
Il y a aussi l’histoire de Tirtha Raj Rasalli, enfant parrainé avec Bikalpa, partenaire de Partage au Népal, qui, une fois adulte, a créé CWCN (Child Watabaran Center Nepal, également partenaire de Partage) pour venir en aide aux enfants des rues.
Quel événement dans l’histoire de Partage vous a le plus marqué ?
En 1997, nous avons réalisé que notre travail et celui de nos partenaires était toujours détruit par une situation de violence et de guerre.
Cette prise de conscience a rapidement été partagée par deux Prix Nobels de la paix, Adolfo Pérez Esquivel et Mairead Corrigan-Maguire, amis de Pierre Marchand, alors directeur de Partage. Puis elle a été relayée par le soutien de tous les Prix Nobels de la Paix qui ont signé, en septembre 1997, un appel pour que l’an 2000 soit déclaré « Année de l’éducation à la non-violence » et nous ont encouragé à faire voter par les Nations Unies une résolution déclarant les années 2000 à 2010 « Décennie de la culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde ». Le 10 novembre 1998, la résolution fut approuvée à l’unanimité par tous les Etats membres.
Un autre événement exceptionnel fut la première fois où tous les partenaires de Partage ont été réunis en France, pour les 20 ans de l’association. Nous avons réalisé à quel point, quelle que soit la culture et le pays d’origine, nous étions animés par la même motivation : l’enfant.
Qu’est-ce qui fait la particularité de Partage ?
Une des particularités de Partage, c’est sa fidélité envers ses actions et ses partenaires. Les événements politiques et médiatiques n’ont jamais influencé Partage. Elle a toujours été guidée par ses engagements, nés de rencontres, envers ses partenaires pour les accompagner dans le développement de leurs actions.
Partage a toujours placé au cœur de son action l’écoute des besoins de l’enfant, priorité pour l’association. Depuis 35 ans, elle se soucie aussi des questions et des attentes des parrains et essaie toujours d’y répondre au mieux en leur apportant une qualité d’informations sur leur filleul, les programmes dont ils font partie et la situation des pays où ils vivent. Enfin, chaque projet part d’un besoin identifié par le partenaire et non pas par Partage.
Quelle est, selon vous, la plus grande difficulté à laquelle Partage a été et est toujours confrontée ?
Adapter les réalités du terrain aux exigences d’ici n’est pas chose facile. Il faut pouvoir créer un lien de confiance réciproque entre les différentes cultures pour que tout fonctionne bien.
Que souhaitez-vous à Partage pour le futur ?
Ce beau réseau enfant, parrain, partenaires, bénévoles, Partage s’est développé au fil des années puis s’est renforcé en 1993 par la première rencontre physique entre tous les partenaires puis par le Forum de 2007. Il tient sa force dans un partage véritable de toutes les réflexions sur les actions à mener, en réponse à la souffrance des enfants.
On est obligé de s’adapter à des contextes toujours différents car les inégalités d’hier ne sont pas celles d’aujourd’hui. Il est important d’avoir une réflexion constante sur les besoins des populations. Par exemple, Partage ne réalise pas le même travail en Haïti qu’en Bosnie.
Partage doit avoir une démarche volontariste en ce sens, ne pas rester fixée à ce qu’elle fait ou ce qu’elle a su faire, en maintenant deux éléments qui font sa particularité : la qualité des relations humaines et le non-assistanat.