Compte-rendu Asie

- Compte-rendu de nos actions suite au tsunami

- Témoignage de notre responsable de programme en Thaïlande

- Témoignage d'une de nos marraines au Tamil Nadu

- Notre programme pour les enfants victimes du tsunami

 

Informations datant du 17 Juin 2005
 

Fiche synthèse collecte pour le tsunami
au 15 Juin 2005

 

   

Pays d’intervention : Inde, Thaïlande

Région/provinces/villes :
Inde :
Tamil Nadu, village de Marakanam (Assefa)
Tamil Nadu, district de Nagapattinam (Care)
Tamil Nadu, ville de Kottar (VSSS) Kerala, ville de Quillon (VSSS)

Thaïlande :
Province de Ranong, district de Suksamran (HSF)

Organisations partenaires (locales) :
Inde:
ASSEFA (Association for Sarva Seva Farms);
VSSS (Vijayapuram Social Service Society);
CARE (Center for Awarness and Rural Education)

Thailande:
HSF (Holt Sahathaï Foundation)

Activités en cours :
Inde :
- ASSEFA : Soutien aux pêcheurs et agriculteurs, AGR (Activités Génératrices de Revenus), prise en charge médicale et psychosociale des familles. (action terminée)
- VSSS : soutien ponctuel aux « Social Services » de Quillon et Kottar. Distribution de vivres, couvertures, vêtements et médicaments. (action terminée) Care : aide à la rescolarisation, et à la reprise d’activités économiques

Thaïlande :
- HSF : Visites aux familles affectées réalisées par des assistantes sociales. Aide matérielle et financière aux familles. Prise en charge psychosociale des familles. Soutien particulier aux familles ayant accueilli des enfants restés seuls (prévention de l’abandon).

Nombre total de bénéficiaires :
Inde :
ASSEFA – 10 000 familles
VSSS – 500 familles
CARE – entre 100 et 500 familles selon les actions

Thaïlande :
HSF - 300 familles

Montant (brut) et origine des dons privés collectés : chiffres au 17 mai 2005 51.399,93 € de dons spontanés privés
161.700,35 € de dons reçus suite à un appel du 6/01 (Thaïlande et Inde) sur notre fichier
79.961,11 € de dons reçus suite à l’appel du 11/02 (Thaïlande) avec l’envoi du reçu fiscal
En attente d’une dotation de la fondation Macif de 120.000 €, dans le cadre de notre convention de partenariat pour soutenir le Programme Solidarité Asie (HSF).

Montants dépensés à ce jour :
- 15 000 € pour l’ASSEFA : cette somme a été prise, en accord avec notre partenaire, sur un solde de programme et non sur les dons reçus suite au tsunami
- 10 000 € pour VSSS
- 50 000 € pour HSF (besoin du Partenaire : 250.000 € par an)
- 41 000 € pour Care

Prévisionnel de durée sur place :

Nos partenariats avec ces différents partenaires existaient avant le Tsunami et se poursuivront au-delà. Nous sommes présents en Inde depuis 1980 et en Thaïlande depuis 1998. Parmi les programmes que nous soutenons dans le cadre du Tsunami, certains (urgence pure) sont déjà achevés (ASSSEFA et VSSS en inde). Nous avons reçu tardivement les informations supplémentaires sur le déroulement du programme de CARE, ce partenaire préférant travailler dans la post urgence, le transfert financier ne se fera qu’au mois de Mai Le programme en Thailande, avec HSF, comporte essentiellement des actions d’accompagnement et réhabilitation à long terme (soutien psychosocial, activités génératrices de revenus, …) qui sont prévus pour 3 à 5 ans.

Contact pour toute information complémentaire :
Marie-Thérèse Angrand . Directrice

 

 

 

 

 

Compte-rendu de nos actions suite
au tsunami

 

Merci de votre générosité, merci de vos engagements

Le 26 décembre, un raz-de-marée d'une rare violence pulvérisait l'Asie du Sud-Est. Par son effet de dévastation de masse, le tsunami a été saisissant pour nous tous : beaucoup de personnes interviewées le comparaient en impact au 11 septembre… Il a été vécu par tous comme une expérience douloureuse, qui a déclenché une générosité sans précédent : fin janvier 2005, près de 150 millions d'euros ont été donnés aux associations pour les victimes du tsunami. Cela représente environ 7,5 % de la collecte annuelle totale pour l'ensemble des dons. Plus que le Téléthon. D'après une étude menée du 10 au 18 janvier par le Cerphi (Centre d'études et de recherches de la philanthropie), près d'un Français sur deux (46,1%) déclare avoir fait un don à une association pour les victimes du séisme. Trois donateurs sur quatre n'avaient jamais fait de dons auparavant (étude Ipsos). Nous espérons, si vous en faites partie, que vous trouverez ici des raisons supplémentaires de confirmer votre choix.

Partage n'est pas une association d'urgence. Eduquer, faire grandir les enfants sont des actions de développement sur le long terme. Mais, à l'écoute de nos partenaires proches des populations touchées par le tsunami, dès les premiers jours de janvier nous avons pu assurer l'ASSEFA et VSSS, nos partenaires en Inde, d'un don de 25 000 euros. Ces deux associations locales souhaitaient apporter des vivres, des vêtements, du savon, des ustensiles de cuisine aux victimes durement touchées du Tamil Nadu et de la pointe du Kerala.

Parallèlement à cela, notre partenaire de Thaïlande, la Fondation Holt Sahathaï engagée depuis de nombreuses années dans la prévention des abandons d'enfants, nous a lancé un véritable appel au secours pour protéger les enfants isolés. Nous avons pu nous engager grâce à vous, parrains et donateurs, qui avaient répondu à notre appel en faisant un don ou acceptant de soutenir sur du long terme l'accompagnement des enfants et des familles d'accueil dans leur communauté.

Quand, en France, le collectif Asie s'est créé, sous l'impulsion du ministère de la santé, pour promouvoir des solutions autres que l'adoption pour ces enfants isolés, et notamment le parrainage, nous avons naturellement choisi d'y participer, afin de faire entendre notre voix et d'augmenter la portée de notre action pour la protection de ces enfants.

Nous poursuivons notre effort. Avec vous et grâce à vous. Merci infiniment.

 

 

Témoignage de notre responsable de programme en Thaïlande

 



Les enfants essayent de reprendre goût à la vie

 

 

Marion Crouigneau, notre responsable de programmes pour la Thaïlande, vient de rentrer de mission. Son objectif était de rencontrer notre partenaire sur place, la Fondation Holt Sahathaï, et de voir où en était le programme mis en place dans l'urgence juste après le tsunami. Voici son témoignage.

 

L'avion atterrit à Bangkok à 6 heures du matin. Avec le décalage horaire, il est minuit pour moi. Pourtant la fatigue s'efface devant l'impatience de rencontrer Jintana, la directrice du la Fondation Holt Sahathaï (HSF), qui vient me chercher. Après une brève visite au siège de la Fondation, nous partons à Nakorn Sri Tammorat.
Nous y sommes accueillies par Nim, la coordinatrice du programme de prévention d'abandons d'enfants que finance Partage depuis 4 ans. Nous rendons visite, avec Mai et Mic, deux assistantes sociales de HSF, aux familles présentant des risques d'abandon d'enfants (grossesses non désirées, prises en charge de jeunes enfants par des grands-parents âgés, familles atteintes du sida, mères célibataires en difficulté,…). Voir ces enfants et ces familles frappées par le sida fut éprouvant. Mais j'ai ressenti du réconfort et de la fierté aussi de savoir que l'argent donné par les parrains de Partage servait à financer les tri-thérapies pour les enfants et certains adultes (l'état thaïlandais commence de plus en plus à prendre en charge les soins pour les adultes, mais rien n'est encore fait pour les enfants).

J'ai pu constater avec admiration que chaque assistante sociale a une connaissance intime des familles qu'elle suit. Je suis convaincue qu'un programme à grande échelle, s'il est nécessaire dans un premier temps, doit laisser la place à une écoute attentive et un échange régulier et individualisé. Je suis heureuse que Partage y apporte son soutien.

Nous prenons la route pour la côte ouest, au nord de Phuket. 4h30 de route à 30 °C. Et dire qu'il neige en région parisienne… La route est magnifique, de grandes plaines succèdent à des gorges verdoyantes, on dirait un paysage de carte postale. Au fur et à mesure que j'approche de la zone durement touchée par le tsunami, je m'étonne de ne pas voir des ONG à pied d'oeuvre. Peut-être leur présence est-elle plus visible sur l'île de Phuket, plus touristique ? En arrivant à Talay Nork, un village de pêcheurs rasé par le tsunami, le silence qui règne me surprend et me met mal à l'aise. Je suis face à cette mer sublime, calme, tranquille, et il suffit de tourner la tête pour voir les stigmates de la dévastation. " Il y avait ici une école fréquentée par 30 gamins, il ne reste plus rien ", commente une des mes accompagnatrices. Je commence à mieux appréhender la violence de ce qui est arrivé. Cela paraît incroyable…

Dans ce village, 11 familles ont été identifiées par HSF et sont aidées individuellement. Nous rendons visite à l'une d'entre elles. Le mari a disparu en mer, laissant deux enfants, une petite fille de 8 ans et son jeune frère de 2 ans. La petite raconte timidement comment elle a réussi à sauver la vie de son frère. Leur mère est effondrée. Mon cœur se serre. On la sent si désarmée, si désemparée… Elle n'a pas -encore- trouvé l'énergie de faire face. Le fait que l'on n'ait pas retrouvé le corps de son mari ne l'aide pas à faire le deuil. Elle vit dans une des maisons, alignées les unes à côté des autres, que l'état s'est empressé de construire pour reloger les victimes. Elle a reçu un peu d'argent du gouvernement. L'équipe de Holt Sahathaï la soutient psychologiquement -ainsi que ses enfants- et prend en charge les frais de scolarité.

C'est la fin de l'année scolaire ici, les grandes vacances s'étalent entre mi-mars et mi-mai, les deux mois les plus chauds. L'équipe de HSF m'explique que le soutien scolaire est très important pour les enfants qui doivent passer des examens, afin de leur éviter de perdre une année. Les cours s'achèvent tant bien que mal dans des écoles temporaires. Des négociations sont en cours avec les autorités pour les reconstruire définitivement.

Nous nous rendons auprès d'une autre famille : le père de famille, pêcheur, avait dépensé toutes ses économies pour remettre à neuf son bateau avant la fin de l'année. Son outil de travail a été détruit, il n'était pas enregistré auprès des autorités, la famille ruinée ne touchera rien de la part du gouvernement. Mais le père ne se plaint pas, les siens sont en vie. Sa fille de 15 ans est enceinte.
Un peu plus loin, une autre famille pleure ses morts. La mère et une des filles ont été tuées. Le père reste seul avec 4 garçons à charge. Par chance, il peut aller travailler, mais il laisse alors les enfants seuls. HSF l'aide à reconstruire une maison où son aîné peut garder ses frères en sécurité.
Juste à côté, au village Had Sai Koh, Nim me fait voir les maisons temporaires. Les murs sont en carton et il n'y a qu'une seule pièce étroite. A l'intérieur, vit toute la famille. Je dénombre 6 personnes, dont un grand-père malade et un neveu reccueilli suite au tsunami. La mère nous raconte que la nuit on étouffe de chaleur et les moustiques troublent le sommeil. Mais il n'y a pas que cela. Il arrive très souvent, qu'au cœur de la nuit, un cri retentisse : " au secours le tsunami… ". Une véritable panique s'empare alors de tout le monde qui sort en courant pour se réfugier en haut de la colline. Personne n'a retrouvé le sommeil et la tranquillité…

Profitant d'un moment plus calme, je demande à Jintana s'il y a des enfants abandonnés. L'équipe de HSF a appelé tous les orphelinats des environs : il n'y a pas eu d'enfants placés suite au tsunami. Je souris de cette belle victoire. La solidarité familiale et villageoise a merveilleusement fonctionné. Même au niveau national, tous les Thaïlandais se sont mobilisés et ont envoyés dans les zones touchées des vivres, des vêtements,… des bénévoles sont également venus prêté main forte.

C'est maintenant que tout le programme prend son sens : il faut tout faire pour que les familles qui ont recueilli un enfant puissent le garder. Grâce à aux parrains d'action de ce programme et grâce aux dons faits pour l'Asie, HSF a commencé à mettre en place de petits prêts financiers afin de redémarrer les activités génératrices de revenus. Quand une des assistantes sociales rencontre une famille touchée par la catastrophe, elle décide de la soutenir, soit par un don en argent, soit en lui achetant des vêtements, ustensiles de cuisine, lait en poudre… Toutes les aides sont sur-mesure, en fonction des vrais besoins des familles et des enfants. Je vous assure, le travail des assistantes sociales de HSF auprès des familles est remarquable. Leur approche, leur écoute, leur savoir-faire m'ont impressionnée. Je suis fière de participer à cette action, avec vous et grâce à vous. Continuons à soutenir ces enfants et ces familles, continuons à soutenir HSF qui aimerait ouvrir dès le mois de juin un autre bureau et un centre de jeunes près de Takua Pa (plus au sud), s'ils ont les fonds suffisants. Nous tâcherons d'y veiller.

Témoignage d'une de nos marraines au
Tamil Nadu

 

Quelques heures seulement après notre descente d'avion, Radje, responsable du centre, nous retrouve à Madras pour nous guider vers Pooriampakkam, sur la route de Pondycherry. A peine deux heures de route, le temps de s'acclimater, il fait chaud comme en plein mois d'août, et la conduite est sportive dans la région. De la poussière, de " camions doublant des voitures doublant des vélos doublant des bœufs doublant des piétons ", le tout dans un concert de klaxons, bienvenue en Inde !

Loin de l'agitation des villes, le centre Assefa est un modèle de calme et de sérénité. Petit tour du propriétaire, au milieu des bananiers et des palmiers : il y a ici un internat pour ados dont les familles vivent loin des écoles, un centre de formation permanente qui accueille des enseignants en fin de semaine, une ferme, et une laiterie qui fonctionne en coopérative. Un système de micro crédits permet aux femmes d'acheter des vaches, dont le lait est commercialisé ici, " les femmes remboursent à 110% " note avec fierté Radje qui nous explique que l'association gère 28 écoles primaires dans des zones rurales où le gouvernement n'en avait pas créé malgré les besoins. Les enfants vivent dans un rayon de 5 km autour des écoles construites par l'Assefa qui assure aussi le ramassage par bus. " Note objectif premier est l'éducatif, mais pour cela il faut aussi s'occuper de l'économique, aider les familles qui laisseront alors leurs enfants aller à l'école " explique Raji. Cela fait 17 ans qu'elle passe ici l'essentiel de son temps, toujours à l'écoute des besoins de la population. Ce qui nous frappe, c'est d'une part la cohérence des projets imbriqués les uns aux autres, d'autre part la tranquilité dans laquelle chacun assume sa tache. Nous observons les enfants pendant les cours, disciplinés, enjoués, sérieux. Ce matin là, c'est un cours de biologie. L'instituteur fait découvrir le fonctionnement du cœur. Il déplie un grand livre du corps humain. Surprise : les explications sont en français. Radje nous explique que c'est un cadeau d'un parrain de l'association. Cadeau d'autant plus utile qu'il peut être partagé par toute la classe, comme les papiers de soie colorés que j'ai apporté pour travaux manuels à venir… Le soir, pendant l'aide aux devoirs, nous échangeons avec les élèves. D'abord un peu surpris voir gênés par nos questions, ils se dérident vite et nous disent avec du soleil dans les yeux qu'ils veulent devenir " enseignant, médecin, biologiste, scientifique, policier, ingénieur, chercheur etc ". Autrement dit, ils ont de l'ambition. Ces projets d'avenir nous semblent la meilleure preuve de la réussite du projet éducatif de l'Assefa…

Evaluer les besoins d'après tsunami
L'actualité dans la région, c'est avant tout les conséquences du tsunami. Nous partons à la rencontre des habitants des villages affectés, situés directement en front de mer, un peu plus au sud, en direction de Pondicherry. Esther et son mari Murugappa, ont pris en charge le projet " reconstruction " de l'Assefa dans 15 villages, dont 7 ont été rayés de la carte. Un travail de fourmi, qui confirme notre idée que l'aide ne peut être menée que localement, par des personnes connaissant les villageois et les habitudes de la région. Ils ont d'abord installé des "centres d'information " pour recenser les besoins matériels et psychologiques, familles par famille, et éviter ainsi que certains reçoivent deux fois et d'autres pas. Puis, lancé un programme sur cinq ans qui reprend les grands axes de ce qui se fait à Pooriampakaam : santé, formation professionnelle, aide aux femmes... " C'est l'opportunité de former et d'aider les gens que nous n'avions pas l'habitude de toucher jusqu'ici " expliquent-ils. Les maisons sont en ruine, on dirait qu'une bombe a été lâchée au dessus des villages. Par dizaines, des abris provisoires ont été montés rapidement 500 mètres à l'intérieur des terres. De la tôle et des feuilles de palmier, soigneusement alignés contrairement aux habitudes locales ! Ici et là, quelques hommes tentent de réparer un mur ou de monter un abri pour se protéger du soleil. Les enfants par grappe jouent dans la poussière, à l'ombre des palmiers. Esther nous emmène marcher au milieu des gravats. Des bateaux coupés en deux sont restés en plan sur la plage. Plus loin, un bateau porté par la vague a été planté entre deux maisons effondrées. " Les pêcheurs n'ont plus de travail, ils attendent les bateaux promis et ont prévenus qu'ils ne reprendront pas la mer tant que tous les bateaux ne sont pas arrivés, sinon le gouvernement ne tiendra pas sa promesse " explique Esther. De toute façon, la population refuse de manger du poisson " ayant potentiellement mangé les nôtres ", même si un ministre en a mangé à la TV pour l'exemple. Pendant six mois, seuls les poissons des lacs et rivières sont acceptés dans les assiettes. Le désoeuvrement commence à être lourd à supporter. Les images des proches emportés par le ras de marée reviennent sans cesse dans les esprits et dans les discours. L'envie de parler est immense, et la prise en charge psychologique largement déficiente. Tous racontent le mur d'eau qui s'est subitement dressé devant eux, " plus haut que les palmiers, avançant à 600 km/h, balayant les gens, les maisons, les arbres ". Ils ont vu mourir un frère, un fils, une mère, ou restent sans nouvelle de l'un ou l'autre... Certains, notamment les plus jeunes, refusent de reprendre le chemin de la mer, " nous leur proposons une reconversion professionnelle " explique Esther. " C'est définitivement une nouvelle vie pour eux ". Le père Pierre Ceyrac, que nous avons rencontré à Chennai puis près de Pondy, et qui visite également ces villages dévastés, dit la même chose : " Le gouvernement a remarquablement géré l'urgence : distribution de vivres, d'un kit de cuisine, d'aide médicale immédiate, incinération des corps en trois jours ce qui a évité tout risque d'épidémie, installation de villages provisoires et promesse d'en construire des nouveaux avant la saison des pluies, cet été… Mais ce n'est pas fini, il faut continuer à aider les villageois à retrouver leur travail, à s'organiser en coopératives pour être plus forts, les éduquer. C'est un travail de longue haleine et une opportunité de favoriser le développement de la région. " Lors de notre passage, trois mois après le raz de marée, nous n'avons pas vu de bateaux neufs, ni de maisons en construction. Au fil des rencontres, nous comprenons que l'ensemble du tissu social est touché. L'eau salée est rentrée à l'intérieur des terres sur plus d'un kilomètre, grillant les rizières. La distribution de sac de riz et autres denrées alimentaires a secoué le petit commerce local. Il reste donc à renvoyer les enfants à l'école et les adultes au travail, et veiller à ne pas générer de nouvelles injustices entre les sinistrés qui reçoivent une aide du gouvernement et des associations locales, et la population pauvre alentours, qui elle aussi a besoin d'aide. .

 

Notre programme pour les enfants victimes du
tsunami



 

Protéger 400 enfants isolés en Thaïlande et reconstruire la vie


Un des partenaires de Partage en Thaïlande, la fondation Holt Sahathaï, engagée dans la prévention des abandons d'enfants, monte un projet pour aider les enfants à rester au sein des familles de leur communauté qui les ont accueillis, plutôt que de les placer dans un centre ou dans un orphelinat, afin d'éviter de leur faire subir un nouveau traumatisme.

Il s'agit tout d'abord de protéger les enfants isolés, en aidant financièrement et matériellement les familles d'accueil -elles aussi éprouvées par la catastrophe- le temps nécessaire aux recherches de leurs parents ou de leur famille proche. Il s'agit également d'aider les familles à reconstruire leur maison, leur quartier, leur village, complètement ravagés par les raz-de-marée.

Après une première évaluation dans les zones sinistrées, la fondation Holt Sahathaï, dont le siège social est à Bangkok, a décidé de baser ses actions dans le district de Suksamran dans la province de Ranong (au nord de Phuket, entre Phuket et Ranong, sur la côte Ouest). Ce district est composé de 7 villages dans le sous-district de Tambon Kampuan et de 5 villages dans le Tambon Naka. Il regroupe 10 000 personnes réparties en 2000 familles. 676 foyers ont été impactés par le tsunami, avec 1650 habitants atteints à différents degrés.

Dans un premier temps, notre partenaire prévoit de venir en aide à 150 enfants isolés et à leurs familles d'accueil. Sans cette aide, ces enfants risquent l'abandon et le placement dans un orphelinat. Dans un deuxième temps, notre partenaire souhaite étendre son aide à Koah Poo et Kho Lanta, les deux îles les plus affectées dans la province de Krabi.


L'aide :

- apporter une aide financière, matérielle et surtout psychologique aux enfants affectés par le tsunami et aux familles. Leur redonner courage et foi dans l'avenir.

- rétablir dans la mesure du possible des conditions de vie normales en terme de nutrition (distribution de lait en poudre), d'hygiène, de santé, d'habitation, d'éducation etc.

- s'assurer que les victimes ont bien accès à toutes les ressources disponibles et que leurs droits sont respectés.

L'aide matérielle comporte du lait en poudre pour les enfants, des vêtements d'enfants et des fournitures, une aide médicale, les réparations des maisons, des prêts financiers, la mise en place d'ateliers de soutien psychologique et des frais de scolarité.

Ce projet est soutenu par Partage grâce à du parrainage d'action. Les parrains versent 20 euros par mois pendant un an pour ce projet. Ils sont en retour régulièrement informés sur les avancées du projet et des enfants. Partage certifie le bon versement des fonds et vérifie leur bon usage. Partage suit et coordonne le projet et diffuse l'information auprès des parrains.

Les fonds collectés seront versés sur le terrain, aux partenaires de Partage, en toute transparence (Partage est membre du Comité de la Charte).